Opinion de l’association 60 millions d’automobilistes Carburants « sans baisse de la fiscalité le pronostic vital de la France est engagé »
Alors que les prix des carburants plombent lourdement le budget des Français et des entreprises, « 40 millions d’automobilistes » maintient : le Gouvernement doit impérativement s’attaquer à la fiscalité qui pèse sur chaque litre vendu à la pompe.
Les dispositifs d’aide ciblés ne servent absolument à rien et ne peuvent plus tenir lieu de politique énergétique et économique. Ils ne bénéficient qu’à une partie des Français, sont complexes à mettre en œuvre et ne répondent pas à la réalité d’une hausse qui touche tous les automobilistes, tous les professionnels et, par ricochet, toute l’économie française.
« Un dispositif ciblé ne fait pas baisser les prix à la pompe. Quand le prix du carburant augmente, tout augmente : les déplacements domicile-travail, les livraisons, les transports, les produits dans les rayons et les coûts des entreprises. Continuer à maintenir une fiscalité aussi lourde sur le carburant n’est pas une politique. Sans baisse drastique de la fiscalité sur les carburants c’est toute l’économie française qui s’effondre. », déclare Pierre CHASSERAY, Délégué Général de l’association « 40 millions d’automobilistes ».
« Balance ton plein » : un combat qui dure depuis plusieurs mois
Cette exigence de baisse des taxes n’est pas nouvelle pour « 40 millions d’automobilistes ». En mars 2026, alors que les prix à la pompe s’envolaient et menaçaient de franchir des niveaux historiques, l’association lançait l’opération nationale « Balance ton plein », invitant les automobilistes à photographier leur ticket de caisse et à témoigner du coût réel de leur plein. L’objectif était clair : mettre sous les yeux du Gouvernement la facture concrète de la fiscalité automobile et faire pression pour obtenir une baisse des taxes.
Cette mobilisation s’est également poursuivie aux côtés de la Fédération nationale de l’automobile (FNA), avec l’opération « Transparence », visant à mettre en lumière la réalité de la formation du prix des carburants et à rappeler la part considérable des taxes dans le prix payé par les automobilistes à la pompe.
Un prolongement a ensuite eu lieu dans le livre de Pierre Chasseray, BalanceTonPlein – Quel est le prix de la vie d’un Français ? , publié aux éditions Fayard le 24 juin 2026. L’ouvrage revient sur le poids de la fiscalité pesant sur les carburants et alerte sur un seuil devenu insoutenable.
« Nous avons lancé “Balance ton plein” pour montrer une réalité très simple : derrière chaque hausse du prix à la pompe, il y a un Français qui paie. Nous avons ensuite publié ce livre parce que le sujet dépasse largement celui du pouvoir d’achat. C’est une question économique, sociale et même industrielle. La France ne peut pas continuer à taxer toujours davantage une énergie dont des millions de Français dépendent pour travailler, produire et vivre. », poursuit Pierre CHASSERAY.
Aides ciblées : un pansement sur une jambe de bois
Pour « 40 millions d’automobilistes », la stratégie gouvernementale montre aujourd’hui ses limites. Face à la hausse des prix, l’État privilégie des dispositifs ciblés en direction de certaines catégories de professionnels ou de grands rouleurs. Mais la hausse du carburant, elle, ne cible personne : elle concerne tous ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler, emmener leurs enfants, se soigner, faire leurs courses ou exercer leur activité professionnelle.
Cette logique conduit à une situation paradoxale : l’État prélève massivement sur les carburants avant de redistribuer une partie de ces recettes sous forme d’aides à certains Français triés sur le volet.
« On ne peut pas demander aux Français de payer toujours plus de taxes et leur expliquer ensuite que, pour compenser cette hausse, ils devront remplir un formulaire pour bénéficier éventuellement d’une aide. Le carburant n’est pas une dépense réservée à quelques catégories de Français : c’est une dépense quotidienne pour des millions de ménages et d’entreprises. La fiscalité doit donc être réduite à la source. Pire, le litre de carburant est devenu le symbole même du pouvoir d’achat. », dénonce Philippe NOZIÈRE, Président de l’association « 40 millions d’automobilistes ».
Une fiscalité qui finit par se retourner contre l’État
Pour l’association, le maintien d’une fiscalité délirante sur les carburants constitue également une erreur économique. Car lorsqu’un litre devient trop cher, les Français ne cessent pas de se déplacer par choix : ils réduisent ce qu’ils peuvent réduire. Moins de déplacements, moins de consommation, moins d’activité pour les commerces et les entreprises, davantage de renoncements : la fiscalité excessive finit ainsi par réduire l’assiette sur laquelle elle s’applique.
« La France ne peut pas vouloir relancer sa croissance, défendre ses entreprises et préserver le pouvoir d’achat tout en renchérissant le coût de chaque déplacement. Quand la fiscalité tue la consommation, elle finit aussi par tuer une partie des recettes qu’elle cherchait à préserver. », estime Pierre CHASSERAY.
OUI ! L’Europe n’interdit pas à la France de baisser les taxes (mais pas n’importe comment)
Si les règles européennes encadrent la fiscalité énergétique, elles ne contraignent pas la France à maintenir ses taxes à leur niveau actuel.
En matière de TVA, la directive européenne fixe un taux normal minimal de 15 %, et non de 20 %. La France dispose donc, dans le respect du droit européen, d’une marge pour abaisser son taux normal de TVA.
De même, l’Union européenne fixe des niveaux minima d’accise sur les carburants. Pour l’essence sans plomb, le minimum européen est fixé à O,359 euros par litre et, pour le gazole, à 0,330 euros par litre. Rien n’impose donc à la France de conserver ses niveaux de taxation au-dessus de ces planchers.
« Arrêtons de dire aux Français que Bruxelles empêcherait la France d’agir. L’Europe fixe des planchers, elle ne demande pas à la France de taxer les carburants au maximum. Le Gouvernement dispose de leviers. Il doit impérativement les utiliser. », insiste Pierre CHASSERAY.
Trois mesures immédiates pour faire baisser le prix à la pompe
Pour « 40 millions d’automobilistes », plusieurs leviers peuvent être activés sans attendre une hypothétique réforme européenne :
– Abaisser immédiatement la TVA sur les carburants, de 20 % à 15 %, soit le niveau minimal prévu par la réglementation européenne
– Réduire l’accise sur les carburants, en rapprochant son niveau des minima européens applicables, afin de restituer directement du pouvoir d’achat aux automobilistes
– Supprimer le surcoût lié aux certificats d’économies d’énergie (CEE) appliqué au carburant, dispositif national qui renchérit indirectement le prix payé à la pompe. Le dispositif CEE relève du cadre réglementaire français et sa sixième période est actuellement prévue pour 2026-2030.
En cumulant ces trois leviers ; baisse de la TVA à 15 %, réduction de l’accise jusqu’aux minima européens et suppression du surcoût lié aux CEE ; l’État pourrait faire baisser le prix du carburant de l’ordre de 55 à 60 centimes par litre : un litre aujourd’hui vendu 2 € pourrait ainsi revenir autour de 1,40 à 1,45 €.
« Nous ne demandons pas un énième chèque carburant. Nous demandons que l’État arrête de prendre autant sur chaque litre. La meilleure aide pour un automobiliste, c’est un litre moins cher. La meilleure aide pour une entreprise, c’est une facture de carburant moins élevée. Et la meilleure aide pour l’économie française, c’est de permettre aux Français de continuer à se déplacer, travailler et consommer. », conclut Philippe NOZIÈRE.
« 40 millions d’automobilistes » demande donc au Gouvernement de prendre ses responsabilités et d’engager sans délai une baisse massive de la fiscalité sur les carburants.


