Opinion de Christophe Ramond président du Conseil départemental du Tarn sur les méga feux et la politique du gouvernement
Un incendie vient de ravager 600 hectares dans le Tarn. Dans le même temps, la Gironde et les Landes vivent une catastrophe d’une ampleur inédite : près de 22 000 hectares brûlés, 141 000 personnes évacuées, plus de 100 bâtiments détruits, un feu qui menace désormais la métropole bordelaise. Deux sapeurs-pompiers sont morts à Mérignac. Dans les Landes, 3 500 hectares sont partis en fumée à Biscarrosse.
Les mégafeux ne sont plus une exception. Ils s’installent durablement dans notre paysage. Nous ne vivons pas une série d’incidents. C’est un basculement climatique. Et la France n’est malheureusement pas encore armée pour y faire face.
« Les incendies actuels doivent être un électrochoc »
Je veux d’abord saluer le courage et le professionnalisme exemplaires des sapeurs-pompiers, notamment des personnels du SDIS du Tarn, des forces de sécurité, les agents du département et de tous ceux qui sont mobilisés sans relâche pour protéger les habitants, les biens et notre patrimoine naturel.
Dans le Tarn, nous avons choisi d’anticiper plutôt que de subir. Dès 2022, le Département a engagé 5 millions d’euros pour renforcer les capacités opérationnelles du SDIS. Notre choix volontariste a permis de faire passer notre flotte de 28 à 42 camions-citernes feux de forêt, soit une hausse de 50 % de nos moyens terrestres.
Pendant que d’autres annoncent, le Tarn équipe!
Cet investissement était nécessaire. Les événements de ces derniers jours prouvent qu’il était indispensable.
Mais il faut aujourd’hui regarder les choses en face. Les feux gagnent en intensité, en vitesse de propagation et en simultanéité. La bataille se joue surtout dans le ciel.
L’État a commencé à renforcer ses moyens aériens depuis 2022. C’est une avancée. Mais ce n’est pas suffisant..
Hier soir, concernant le feu de Gironde, la préfète elle-même parle d’un phénomène « inédit » et « imprévisible ». On ne combat pas l’imprévisible avec une flotte aérienne vieillissante et des livraisons à dix ans.
La France doit accélérer le renouvellement et l’augmentation de sa flotte de bombardiers d’eau, renforcer le nombre de Dash, développer davantage les moyens héliportés et disposer d’une véritable capacité d’intervention simultanée sur plusieurs grands incendies.
Le Tarn continuera à prendre toute sa part. Nous l’avons fait avec nos investissements au sol. Mais il est désormais indispensable que la Nation investisse avec la même détermination dans les moyens aériens.
Les incendies actuels doivent être un électrochoc.
Nous ne gagnerons pas les combats de demain avec les moyens d’hier. Chaque minute gagnée dans le ciel, ce sont des hectares sauvés, des maisons protégées et parfois des vies préservées.C’est maintenant que l’Etat doit décider et surtout agir ! »




