Vinyles, cartes Pokémon, vêtements des années 1980, figurines de personnages de manga ou souvenirs automobiles : les collections changent avec les générations, mais le plaisir d’accumuler, de rechercher et d’exposer des objets semble bien résister au temps.
Les rendez-vous organisés ces prochaines semaines dans l’agglomération en donnent un bon aperçu. Les 26 et 27 septembre, le Salon du Vintage réunira plus de 180 exposants autour de pièces allant des années 1950 aux années 1990. Quelques semaines plus tard, du 30 octobre au 1er novembre, les amateurs de cartes à collectionner auront leur propre rendez-vous avec Relic Fest à Diagora.
Deux univers en apparence assez éloignés, mais qui répondent au même plaisir : trouver un objet auquel on accorde une valeur particulière et lui faire une place dans une collection.
De la brocante à la pop culture
La collection a longtemps évoqué les timbres, les monnaies, les cartes postales, les voitures miniatures ou les objets anciens. Rien de tout cela n’a disparu. Mais de nouvelles catégories ont pris place à côté de ces collections traditionnelles.
Une étude menée par l’Ifop pour eBay montre précisément cette évolution générationnelle. Plus d’un Français sur trois se déclarait collectionneur actif dans l’enquête publiée en 2025. Chez les moins de 35 ans, les cartes à jouer et à collectionner figuraient parmi les objets les plus recherchés, devant les figurines. Les résultats de l’étude Ifop-eBay montrent ainsi que les nouvelles générations ne collectionnent pas nécessairement moins : elles collectionnent autrement.
Le phénomène est particulièrement visible avec Pokémon. En septembre, la franchise fêtait les 30 ans de ses cartes à collectionner, avec de nouvelles séries capables de faire patienter certains passionnés devant les magasins dès les premières heures de la matinée.
Collectionner un univers plutôt qu’un simple objet
Cette nouvelle façon de collectionner est étroitement liée à la culture populaire. Une personne peut aimer un film, une série, un manga ou un jeu vidéo et vouloir prolonger cet univers au-delà de l’écran.
Les produits dérivés jouent alors un rôle très différent du souvenir touristique traditionnel. Une figurine peut rappeler un personnage découvert pendant l’enfance, une saga suivie depuis plusieurs années ou simplement une œuvre qui a marqué son propriétaire.
C’est aussi ce qui explique la place prise par des marques comme Funko en France, dont les collections font se côtoyer des personnages provenant du cinéma, des séries, des jeux vidéo, de l’animation ou des mangas. Sur une même étagère peuvent ainsi se retrouver des univers qui, à l’origine, n’avaient pratiquement rien en commun.
La collection devient alors une sorte de portrait culturel de celui qui la constitue. Elle ne répond plus nécessairement à une seule catégorie — les timbres, les monnaies ou les voitures — mais à une série de goûts personnels.
Les cartes ont aussi transformé la collection en activité sociale
Le succès des cartes à collectionner montre une autre évolution importante : collectionner ne signifie plus forcément pratiquer seul chez soi.
Le programme annoncé par Diagora pour les prochains mois prévoit par exemple trois jours consacrés au Relic Fest, avec plusieurs tournois et formats de jeux de cartes à collectionner.
Dans cet univers, posséder les cartes n’est qu’une partie de l’expérience. Il faut aussi échanger, jouer, comparer les séries, rechercher certaines pièces et rencontrer d’autres passionnés.
Internet et les réseaux sociaux ont encore accentué cette dimension communautaire. Une collection autrefois visible principalement par quelques proches peut désormais être photographiée, inventoriée et partagée avec des milliers de personnes qui suivent les mêmes licences.
La recherche fait partie du plaisir
Il existe également un point commun entre celui qui parcourt un salon vintage et celui qui cherche une carte ou une figurine précise : le plaisir ne vient pas uniquement de la possession.
Il vient aussi de la recherche.
Certaines personnes cherchent à compléter une série. D’autres se concentrent sur un personnage, une époque, un illustrateur ou une franchise. D’autres encore préfèrent accumuler quelques pièces soigneusement choisies plutôt que remplir plusieurs étagères.
Cette mécanique explique pourquoi les éditions particulières, variantes et objets devenus difficiles à trouver occupent une place si importante dans de nombreuses communautés de collectionneurs. La découverte d’une pièce inattendue fait partie de l’expérience, que celle-ci se produise dans un salon, une boutique spécialisée ou après plusieurs semaines de recherche en ligne.
Quand la collection devient aussi décoration
La frontière entre collection et décoration s’est également estompée.
Un ancien appareil photo, une affiche de cinéma, quelques vinyles ou une figurine peuvent être achetés parce qu’ils sont collectionnables, mais aussi parce que leur propriétaire veut les voir quotidiennement. Au lieu de rester rangés dans des boîtes, beaucoup de ces objets prennent place dans les bibliothèques, les vitrines ou directement sur les murs.
C’est peut-être là que les univers vintage et pop culture se rejoignent le mieux. Dans les deux cas, l’objet raconte quelque chose : une époque, un souvenir, un goût ou une passion.
Les catégories continueront certainement à évoluer. Les collections qui remplissaient les chambres il y a trente ans ne sont déjà plus exactement celles que recherchent les jeunes collectionneurs aujourd’hui. Mais les cartes, figurines et objets issus de la pop culture montrent que l’envie de chercher, compléter et exposer une collection n’est pas en train de disparaître. Elle trouve simplement de nouveaux objets auxquels s’attacher.


