Après des années de relative accalmie, la guerre a repris au Yémen avec une brutalité qui déborde désormais largement ses frontières. L’offensive éclair des houthistes sur la côte de la mer Rouge les a conduits aux portes du détroit de Bab Al-Mandab, passage stratégique du commerce mondial, tandis que les forces gouvernementales tentent une contre-offensive.
Mardi, l’ONU a mis en garde contre les conséquences d’un embrasement simultané du Yémen et des grandes routes maritimes de la région.
Après le détroit d’Ormuz, le détroit de Bab Al Mandab, menaces pour le commerce mondial
La géographie suffit à mesurer le danger. À l’est de la péninsule Arabique, le détroit d’Ormuz reste fortement perturbé par la confrontation entre les États-Unis et l’Iran. À l’Ouest, Bab Al-Mandab, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et, au-delà, à l’océan Indien, est désormais sous la pression des houthistes, alliés de Téhéran. En quelques jours, leur progression a transformé une nouvelle poussée de la guerre civile yéménite en menace pour deux des principales artères énergétiques et commerciales de la planète.
C’est cette nouvelle dimension du conflit que Khaled Khiari, haut responsable onusien du département des affaires politiques, est venu présenter mardi devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, réuni en urgence. Les combats se sont intensifiés sur la côte occidentale yéménite et les houthistes ont poursuivi leur avancée vers Bab Al-Mandab, prenant, selon M. Khiari, plusieurs îles du sud de la mer Rouge. Pour l’heure, le trafic commercial semble se poursuivre, mais cette progression alimente déjà l’inquiétude des marchés


