La mort de plusieurs marins dans l’attaque du cargo Tihamah, mardi au large du Yémen, ravive les inquiétudes sur la sécurité de la navigation en mer Rouge. L’Organisation maritime internationale (OMI) dénonce la persistance d’attaques qui mettent directement en danger les équipages et menacent des routes commerciales essentielles à l’économie mondiale.
Ce ne sont plus seulement les navires, les cargaisons ou les chaînes d’approvisionnement qui sont pris pour cible. Derrière la multiplication des attaques en mer Rouge, l’OMI remet les marins au centre d’une crise qui a transformé l’une des principales artères commerciales de la planète en zone à haut risque.
Les Houtis du Yémen soupçonnés
Selon la presse, le Tihamah a été touché par un projectile au large d’Al-Mokha, sur la côte occidentale du Yémen. Plusieurs membres d’équipage auraient été tués. L’incident s’inscrit dans une nouvelle série d’attaques contre la navigation dans la région, où les rebelles houthistes yéménites, soutenus par l’Iran, ont fait du trafic maritime un instrument de pression militaire.
Au-delà de la condamnation, son avertissement porte sur la persistance du danger. Le responsable appelle les propriétaires et exploitants de navires à « évaluer minutieusement les risques » avant toute traversée de la mer Rouge, du golfe d’Aden et des autres régions exposées, et à appliquer les mesures de sécurité recommandées.
Avant la crise, environ 12 % du commerce mondial transitait par la Mer Rouge puis le canal de Suez
Face à la multiplication des frappes, les Etats-Unis et plusieurs de leurs alliés ont déployé des moyens navals dans la région. Washington et Londres ont également bombardé à plusieurs reprises des positions houthistes au Yémen. Ces opérations ont réduit ponctuellement les capacités du mouvement sans faire disparaître la menace qui pèse sur la navigation.
Depuis le début des attaques houthistes contre la navigation commerciale, à la fin de 2023, les conséquences pour le commerce mondial ont souvent été mesurées en détours, en surcoûts d’assurance et en délais de livraison. Plusieurs grandes compagnies maritimes ont renoncé, par périodes, à emprunter la mer Rouge et le canal de Suez, préférant contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance – un trajet beaucoup plus long et coûteux.




