Le collectif « Justice et Dignité pour les Chibanis et les Chibanias » est un collectif national qui s’est constitué pour veiller, alerter, se mobiliser autour des conditions de vie indignes et des pratiques discriminatoires que subissent les immigrés retraités. Après une vie entière passée à faire les travaux les plus pénibles en France, « on ne leur laisse pas le droit de passer une retraite tranquillement, que ce soit ici ou auprès de leur famille restée au pays » souligne le collectif qui appelait à manifester lundi matin à Toulouse.
En juin 2009, la CARSAT (Caisses d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail, ex CRAM), la MSA (Mutualité sociale Agricole) de Midi Pyrénées, et la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) ont effectué un contrôle massif sur un des plus gros foyers ADOMA (anciennement SONACOTRA) de Toulouse, le foyer « Fronton » situé 2, place des Papyrus. Selon la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE), ces contrôles sont illégaux car discriminatoires au sens de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
« Beaucoup de ces hommes âgés ne savent ni lire, ni écrire le français, et ont des difficultés à remplir les papiers, la plupart ont des retraites de misère car leur vie de travail précaire a été souvent faite de travaux non déclarés » souligne le collectif « Justice et Dignité pour les Chibanis et les Chibanias ».
Ils avaient occupé la CRAM en mars 2010, manifesté vers la préfecture en juin 2010, organisé un forum de discussion et d’action du 22 au 27 novembre 2010 sur la place Arnaud Bernard à Toulouse (voir www.chibanis.org). Certains Chibanis ont saisi les tribunaux compétents.
Le président du Conseil général Pierre Izard a tenu par un communiqué à témoigner sa solidarité avec les Chibanis
« Difficultés d’accès aux dispositifs de droits communs, inégalités sociales de santé, difficulté d’accès à un logement digne, … Les conditions de vie des « Chibanis », les personnes retraitées immigrées vivant en France, restent précaires et soumises à des pratiques discriminatoires insupportables qui contraignent aujourd’hui leur droit de vivre dignement, après une vie de travail consacrée à des travaux pénibles souvent très exposés aux risques professionnels.
C’est notamment le cas à Toulouse avec le harcèlement et les contrôles discriminatoires, pratiqués depuis plusieurs jours par les pouvoirs publics, sur les personnes des 80 résidents du Foyer Maheu situé sur les allées Charles De Fitte.
La question de l’accès aux droits sociaux les plus élémentaires et des conditions de vie dignes pour les travailleurs migrants reste entière et préoccupante ! «


