Après une véritable invasion du crack à Marseille et une multiplication de drogues telles que la kétamine ou la cocaïne, les drogues dites « dures » semblent de plus en plus disponibles en France. Et leur distribution comme leur consommation évoluer.
Alors que le parquet de Paris alerte sur une forte augmentation des surdoses mortelles dans la capitale, la Fédération Addiction rappelle que ces drames ne sont pas une fatalité. Les outils pour prévenir les décès existent : prévention, réduction des risques, accès à la naloxone et appel rapide aux secours. Encore faut-il les rendre accessibles.
Avec 59 décès recensés au 28 septembre 2026 contre 30 sur l’ensemble de l’année 2025, les chiffres des surdoses à Paris sont particulièrement préoccupants. D’autant qu’ils s’inscrivent dans une tendance nationale : l’enquête DRAMES, qui recense les décès directement liés à l’usage de médicaments et de substances psychoactives, a dénombré 659 décès directs en 2024, contre 503 en 2019, soit une augmentation de 31 % en cinq ans.
Prévention et information sur les drogues, outils efficaces ?
Derrière ces chiffres se trouvent des produits, des pratiques et des contextes très différents. Opioïdes, cocaïne, cathinones, GHB, kétamine, contextes festifs, chemsex ou consommation de rue n’exposent pas aux mêmes risques et n’appellent pas exactement les mêmes réponses rappelle la Fédération Addictions.
Pour les surdoses aux opioïdes, un antidote existe : la naloxone. Elle peut être administrée par toute personne témoin d’une surdose dans l’attente des secours. Elle est aujourd’hui disponible en pharmacie et distribuée gratuitement dans les structures spécialisées
« Les surdoses ne sont pas un phénomène nouveau et nous disposons, en France, d’outils qui ont fait leurs preuves pour en réduire le nombre et la gravité » rappellent les spécialistes. La réduction des risques en fait partie : informer sur les produits et leurs effets, prévenir les risques liés aux mélanges ou aux dosages, faciliter l’accès aux professionnels de santé et d’addictologie et, lorsque cela est nécessaire, proposer des espaces permettant de consommer dans des conditions plus sûres.


