L’ex-gouvernement du Bangladesh et les forces de sécurité ont perpétré l’année dernière des actes équivalant à des crimes internationaux face aux manifestants, selon un nouveau rapport de l’ONU, qui maintient que « l’obligation de rendre des comptes et la justice sont essentielles pour l’apaisement national et pour l’avenir » de ce pays d’Asie du Sud.
Le document du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) fait état d’une politique officielle visant à attaquer et à réprimer violemment les manifestants et les sympathisants antigouvernementaux, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’existence de crimes contre l’humanité nécessitant d’urgence une enquête criminelle plus approfondie.
« Il existe des motifs raisonnables de croire que des centaines d’exécutions extrajudiciaires, d’arrestations et de détentions arbitraires massives, et de tortures ont été perpétrées au su, avec la coordination et sous la direction des dirigeants politiques et des hauts responsables de la sécurité, dans le cadre d’une stratégie visant à réprimer les manifestations », a déclaré Volker Türk, chef des droits de l’homme de l’ONU.
S’exprimant à Genève, M. Türk a souligné que certaines des violations les plus graves décrites dans le rapport pourraient constituer des crimes internationaux susceptibles d’être jugés par la Cour pénale internationale (CPI), puisque le Bangladesh est un État partie au Statut de Rome qui a créé le tribunal de La Haye. Le statut fondateur de la CPI lui donne compétence en matière de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de crime d’agression (à la suite d’un amendement en 2010).