Alors que toute l’Europe et même les collaborateurs du président américain Donald Trump se désolent de ses élans protectionnistes, Toulouse et toute sa région pourraient en tirer un grand profit.

Avant son accession à la magistrature suprême des États-Unis en janvier 2017, Donald Trump a remis maintes fois en question les fondements des relations économiques qui lient son pays à la Chine. La hantise de ce président conservateur est de voir l’économie de son pays être doublée bientôt par celle de la Chine, avec qui il entretient un déficit commercial de plus de 375 milliards de dollars. En mars 2018, il annonçait, contre l’avis même de son conseiller Gary Cohn, démissionnaire, une importante hausse des frais de douane sur les importations de fer et aluminium dont la Chine est la première exportatrice. Le président américain, qui avait estimé dans un tweet que les guerres commerciales sont faciles à gagner, s’est désolé de ce que la Chine dont il attendait des concessions économiques ait répondu par des impositions de produits américains à ses frontières. La réponse chinoise a concerné notamment le géant américain de l’aéronautique et certains produits agricoles et d’élevage (soja, porc… etc.). La complication des relations économiques entre les deux partis va pousser chacun à se tourner vers de nouveaux partenaires.
L’Occitanie au cœur des relations économiques sino-françaises
Malgré le désarroi de l’Europe face à cette nouvelle Amérique qui lui tourne le dos et veut faire cavalier seul, Toulouse et sa région peuvent se frotter les mains. En effet, le constructeur européen Airbus, dont le siège social est basé à Toulouse, va voir son carnet de commandes exploser puisque son concurrent américain Boeing pâtit de la politique extérieure américaine. Dans la capitale occitane, 85 000 emplois sont liés au milieu aéronautique. Quoique la Chine n’ait pas encore officialisé la commande record de 184 Airbus A380 décrochée par Emmanuel Macron lors de sa visite en janvier 2018, l’indice du constructeur a enregistré déjà 14,7 % de progression, la plus forte du CAC 40. Une bonne santé économique dont peut tirer avantage tout citoyen en passant des contrats CFD futurs sur le CAC 40. Un exercice relativement simple et qui consiste à prédire le nombre de points auxquels la bourse de Paris va clôturer et qui vous fera gagner la différence entre le nombre de points courant (actuel au moment du pari) et celui de la clôture.
L’impact économique sur la région occitane de la dégradation des relations sino-américaines ne se limite pas au seul monde de l’aéronautique. La région, grande productrice de viande de bœuf, pourrait investir à nouveau le marché chinois, d’où la viande française était absente depuis 17 ans après la première épidémie de vache folle. La Chine a en effet officialisé le 24 juin dernier à la faveur d’une visite du premier ministre français, la fin d’un embargo sur l’importation en Chine du bœuf français.
Après inspection de sept abattoirs par les autorités chinoises, celles-ci ont délivré des agréments à 4 d’entre eux. Les abattoirs de Bigard, situés à Feignes dans le Nord sont du nombre. Parmi les autres abattoirs retenus figurent ceux d’Elivia et aussi de Sofriloire situés au Lion-d’Angers dans le Maine-et-Loire. Bigard et Elivia sont les deux plus grandes sociétés françaises d’exportation de viandes.
Toulouse et la Chine, une histoire d’amour

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Alors que les récents développements de la politique étrangère sont en passe d’apporter une réelle plus-value à Toulouse et sa région, il convient de remarquer que les liens de coopération entre l’Empire du milieu et la ville rose ne sont pas tout récents. Toulouse est par exemple jumelée depuis 1981 avec la ville chinoise de Chongqing, ancienne capitale de la République de Chine de Chang Kaï-Chek. À l’actif de ces liens de coopération, on pourrait ajouter aussi la gestion par Casil Europe, un groupe chinois, de l’aéroport de Toulouse-Blagnac.
La dégradation des relations sino-américaines est très probablement l’opportunité rêvée pour la France de renforcer les siennes avec l’empire du milieu. Peut-être cela lui servira-t-il à accroître son influence auprès de la première puissance mondiale ? C’est certainement la raison pour laquelle les différents locataires de l’Elysée se sont attelés depuis 54 ans à augmenter l’influence française en tant que partenaire du géant chinois.



