Le chef des droits de l’homme de l’ONU a appelé mardi la Chine à libérer immédiatement tous les avocats en détention dans le pays, après avoir fait part aux autorités de sa préoccupation concernant ce qu’il a dénoncé comme une campagne de répression nationale contre les critiques du gouvernement, les experts juridiques et les groupes de défense des droits de l’;homme.
« Nous assistons à un schéma très inquiétant en Chine, qui a de graves conséquences sur la société civile et le travail important qu’;elle réalise à travers tout le pays », a déclaré dans un communiqué de presse le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’;homme, Zeid Ra’;ad Al Hussein, ajoutant que les acteurs de la société civile ont le droit de faire leur travail, tout en bénéficiant du soutien et de la protection de l’;Etat.
Si le Haut-Commissaire s’;est dit satisfait d’;avoir pu aborder ces questions avec les représentants chinois à Genève et a reconnu leurs efforts pour clarifier les sujets abordés, il a toutefois ajouté que les réponses obtenues indiquent que les autorités « trop souvent, par reflexe, confondent le rôle légitime des avocats et militants avec des menaces à l’;ordre public et à la sécurité ».
D’;après M. Zeid, la police chinoise a détenu environ 250 avocats, assistants juridiques et militants des droits de l’;homme à travers tout le pays, depuis le début de la répression début juillet, bien que nombre d’;entre eux aient été relâchés ultérieurement. Le mois dernier, 15 autres avocats des droits de l’;homme ont été formellement arrêtés, dont dix ont été accusés de « subversion de l’;Etat », un crime passible d’;une peine pouvant aller de 15 ans d’;emprisonnement à la prison à vie.
« J’;exhorte le gouvernement chinois à tous les libérer immédiatement et sans condition », a déclaré M. Zeid, ajoutant que les avocats ne devraient jamais être poursuivis ou subir une quelconque sanction ou intimidation.
Dans le même temps, le Haut-Commissaire a salué la libération de deux militants syndicaux détenus à Guangdong en décembre 2015, mais a noté que plusieurs de leurs collègues étaient toujours en détention.
M. Zeid a également fait part de sa préoccupation face aux cas récents de disparitions de libraires à Hong Kong et aux arrestations de personnes travaillant pour des ONG, souvent amenées à « confesser » avoir enfreint la loi chinoise pendant leur détention, au mépris de leur droit à un procès équitable.
« J’;exhorte le gouvernement chinois à garantir des procédures justes et transparentes dans ces affaires », a déclaré le Haut-Commissaire, ajoutant que les familles et les avocats de ces personnes devraient pouvoir leur rendre visite.
M. Zeid s’;est par ailleurs inquiété d’;une nouvelle loi que prépare actuellement le gouvernement chinois, susceptible d’;avoir des implications importantes pour les ONG. Cette loi s’;inscrirait, selon le Haut-Commissaire, dans une série de mesures prises ces derniers mois pour renforcer la sécurité nationale en Chine.
« Je regrette que de plus en plus de gouvernements dans le monde utilisent des mesures relatives à leur sécurité nationale pour restreindre les libertés d’;expression, d’;association et de rassemblement pacifique, et comme un instrument pour cibler les défenseurs des droits de l’;homme et faire taire les critiques », a déploré M. Zeid, insistant sur le fait la sécurité et les droits de l’;homme ne sont pas contradictoires


